Au XIXe Siècle, en 1864, dans la région de Stormfield, des créatures rôdent..
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Tout perdre, une fois de plus... Tout ? Peut-être pas, finalement... [PV Stefan]
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MessageSujet: Tout perdre, une fois de plus... Tout ? Peut-être pas, finalement... [PV Stefan] Mar 27 Oct - 18:45

Cinq jours. Cinq jours et cinq nuits. Des jours trop courts pour être appréciés, des nuits trop longues pour être ignorées. Par deux fois, je me suis trouvée fort imprudente de me retrouver si proche de la ville le soir venu. Par deux fois j'ai tué. Ah, non, pas seulement deux personnes, fort malheureusement, plutôt une petite vingtaine en deux nuits... Et c'est trop. Beaucoup trop. De plus, au petit matin, quand je reprends mes esprits, je trouve fort désagréable de toujours trouver la porte principale de l'auberge fermée. Je me vois donc bien obligée de réveiller l'aubergiste, n'ayant pas de clef, et il se trouve fort... désagréable, lui aussi. Et ses questions indiscrètes et indélicates ! Ah... Et ces deux nuits où je suis rentrée avec du sang sur mes vêtements... Une fois, ça s'explique, bien sûr, mais deux ? C'est peut-être juste une coïncidence. Mais les voisins se plaignent du bruit que je ne manque pas de faire dans les escaliers qui grincent... Et l'aubergiste n'apprécie pas ces virées nocturnes, comme il les appellent. J'ai donc tenté de faire profil bas deux jours supplémentaires, j'ai trouvé un métier, j'ai tout fait pour passer pour une fille... respectable ? et bien éduquée... Mais je ne peux décidément pas dormir dehors à des heures si tardives, alors, encore et encore, je réveille le pauvre homme, et encore et encore, il me réprimande, jure, grommelle, se montre désagréable... Enfin, je suppose que je n'ai pas d'autre choix...

Mis à part cela, j'ai trouvé un travail. Certes, pas le mieux payé qui soit, mais au moins me permet-il de payer la chambre et subvenir à quelques besoins supplémentaires. J'ai trouvé à me rendre utile à la bibliothèque de Flamdone. Au moins, là-bas, c'est calme, c'est charmeur et envoûtant... Au moins, là-bas, ma vie ne ressemble plus à quelque absurde invention d'un auteur écervelé. Elle ne déteint plus dans le décor. Plus de la même manière du moins...



- C'est bien clair ?!

Je sursaute, brusquement ramenée à la réalité par la voix tonitruante de l'aubergiste. Je n'ai rien écouté. Mais j'ai bien compris la situation. Il lance ma valise hors de la pièce, m'empoigne par le bras et m'entraîne dans son sillage, tandis que je me tortille pour espérer me dégager. Il me pousse dans le couloir, claque la porte dans mon dos et m'entraîne dans les escaliers en direction de l'entrée.

- Je ne veux plus te revoir ici, c'est clair ?! Je ne sais pas ce que tu fais, la nuit, mais ça suffit, pas de ça chez moi ! Dehors !

Sur ces mots, il claque la porte d'entrée, non sans avoir jeté ma valise et poussé ma personne dans la rue. Je grogne, refoule la colère qui manque de s'emparer du fond de mon être. Ce n'est pas le moment de laisser une occasion à la panthère de se réveiller. Surtout que les vociférations de l'aubergiste ont éveillé la curiosité des passants. Je m'empresse donc de rassembler les quelques affaires tombées de ma valise, car le choc l'a ouverte, et referme prestement le bagage dans l'espoir de passer inaperçu aux yeux des quelques passants qui ne se sont pas encore retournés. Mais... C'est peine perdue...
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MessageSujet: Re: Tout perdre, une fois de plus... Tout ? Peut-être pas, finalement... [PV Stefan] Dim 12 Fév - 12:30



TOUT PERDRE, UNE FOIS DE PLUS... TOUT ?❞
A la rencontre d'une étoile
Avec Vasilissa.



Presque une semaine, déjà. Six jours depuis ma presque fuite. Et depuis la rencontre du train. Je n'aurais jamais pensé être autant marqué par une personne. Je ne fais pourtant que ressasser ces quelques instants volés. Je ne sais pas si c'est un bien ou un mal, je suis ici en terre inconnue. Je ne me reconnais pas : est-ce mieux ?
Et j'hésite, pris entre deux feux. J'aimerais la voir, lui parler peut-être, retrouver son sourire...
Mais je suis loin d'aimer ce qui m'arrive depuis. Je suis à peine maître de moi-même, j'ai du mal à me concentrer, je suis presque hanté. Et si.. et si je dérapais ? La possibilité étant non-négligeable, j'avais dû trouver quelque chose. Une solution, une retraite, un pied-à-terre, quelque chose pour m'isoler, me protéger et protéger les autres. J'avais trouvé un petit lieu de résidence en périphérie de la ville, accolé à la forêt. Une distance de sécurité, rien de plus. Enfin c'est ce que je m'étais dis, au début.
Sans repos, je ne parvenais plus à retrouver a sérénité, ne pensais plus vraiment à me nourrir non plus. Sauf là-bas. Ce rectangle sans luxe, trop géométrique, m'offrait un repos inespéré, inattendu. Je ns supportais plus le bruissement des pensées, me laissait atteindre et influencé par les sentiments de la ville. Ici, loin des autres, je respirais, revivais. Depuis quand avais-je perdu ma maîtrise ?
Je n'aurais jamais cru acheter quelque chose ici, sur les terres de ma naissance, "ma" ville. A force d'y passer jours et nuits, je m'étais décidé à y habiter pour de bon. C'était déjà plus grand que ma chambre actuelle, à l'auberge, et surtout, je ne pouvais plus continuer ainsi, éreinté en permanence par la simple proximité des autres. J'avais donc quitté l'auberge, un pincement au coeur. Je ne l'avais toujours pas revue.. Etions-nous destiné à nous revoir ? Je commençais à en douter, payais grassement l'aubergiste pour mettre de côté pour moi quelques affaires, le temps de m'installer.
Et je m'installais, meublais ma "grotte". Le moins de choses possible, du bois et encore du bois, de toutes les nuances et de tout les aspects. Au final, l'ensemble était presque trop grand pour une personne seule, mais je ne cherchais pas à y changer quoi que ce soit. Un lit dans une des deux chambres, le fruit de mes voyages dans l'autre. Cette dernière était ma contradiction : chargée, pleines d'étagères, de bibelots et de livres, on ne pouvait plus voir les murs ni le sol, celui-ci étant recouvert d'une tapisserie bleue nuit parsemée d'étoiles, des signes du zodiaque. Un caprice peut-être, une jonction entre les différents moi, le poids des souvenirs, des décennies. C'était l'endroit où je passais le plus du temps, outre le toit, incroyablement plat, de ma "demeure". Le seul endroit d'où l'on pouvait suivre la course des étoiles.
Ma réclusion fut totale. Ainsi, pendant trois jours entiers, je ne sortais pas - ou que pour me nourrir. Je préférais la forêt à la ville et reprenais des forces, réapprenais à vivre, en somme. Quelque part, je ne me rendais toujours pas bien compte de ce qui c'était produit. Je m'étais posé, avais brisé mon nomadisme absolu de ces dernières... décennies. Je connaissais la règle, les problèmes qui finiraient par se poser mais les repoussaient. Je n'étais pas prêt à les affronter et m'accordais du temps pour y penser. Cette parenthèse ne durerais peut-être pas mais j'en chérissais chaque instant.
Seulement, je ne pouvais pas me cacher éternellement. Des affaires m'attendaient en ville, l'aubergiste finirait par vendre mes biens, si je ne venais pas.. Je ne devais pas faillir, pas cette fois.
A cran, mentalement entraîné et paré à bloquer les émotions environnantes, je me rendais sans trop d'encombres à l'auberge et me faisais rendre mes biens par la femme - ou la fille ? - du propriétaire. Sur mes gardes mais plus calme, je me pensais tiré d'affaire quand mes protections s'ébranlèrent, se fissurèrent. Je grimaçais tout en cherchant à endiguer le flot menaçant quand je la sentis. Elle. Une détresse, quelque chose. Quittant rapidement la pièce je gagnais la rue et ne tardais pas à assister à la scène.
Vasilissa, jetée dehors. Je perdais mon calme et gagnais rapidement ses côtés. Me penchant, j'attrapais sa valise et demandais :

- Vous allez bien ?

En cet instant, hors de toute mesure ou maîtrise, j'aurais pu sauter à la gorge de l'homme, lui faire ravaler ses manières. Comment osait-il parler de la sorte ? Je trouvais mon étoile en difficulté, me trouvais capable de tout - je n'en frissonnais qu'après-coup, soudainement conscient de la raison de tout cela, sa présence me rendait imprudent, incontrôlé incontrôlable. Mon regard au niveau du sien, je demandais, on ne peux plus sérieux :

- Voulez-vous que j'aille lui parler ?

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MessageSujet: Re: Tout perdre, une fois de plus... Tout ? Peut-être pas, finalement... [PV Stefan] Dim 12 Fév - 19:33
Tout perdre, une fois de plus...



Quelle ne fut pas ma surprise, de voir Monsieur Salvatore se porter à mon secours, attrapant ma valise. Je reste quelque peu sonnée, l'observe, cligne des yeux. Mais qu'est-ce qu'il fait là ?

- Vous allez bien ?

J'aurais aimé répondre. Oui, j'aurais aimé. Articuler ces quelques mots qui feront baisser son inquiétude. Mais à cet instant, rien ne voulait sortir de ma gorge, jaillir de ma bouche entrouverte. Déjà, des images me sautaient à la gorge. Stefan, bondissant sur l'aubergiste, couvert de sang... Je ferme les yeux, recule légèrement, comme frappée de plein fouet par ces horribles images. La peur me noue à nouveau la gorge. Qu'est-ce que ces visions essaient de me dire, bon sang ? Je déglutit, cligne des yeux, désorientée. Je me mords la lèvre, croise le regard sérieux du jeune homme. À nouveau je détourne le regard. Je n'ose pas le regarder. J'ai trop peur d'apercevoir dans ses yeux la colère qui le pousserait à commettre quelque idiotie. Mais d'où viendrait-elle, cette colère ? Je suis ridicule. Je... Peut-être qu'il aime simplement faire du mal ? Blesser ? ...Tuer ? Mon souffle me manque.

- Voulez-vous que j'aille lui parler ?

Il me ramène brusquement sur la terre ferme, me prenant au dépourvu. À nouveau, je le regarde, cligne des yeux, un peu sonnée. Malgré mes visions, il a l'air si attentionné, si prévenant ! Je détourne le regard, bredouille :

- Oh ! J-je... Hum, non, ne vous en faites pas, j'avais été prévenue... Et de toute façon, j'ai l'habitude. Je trouverais bien un autre endroit où loger.

Je lui offre un petit sourire de pure convenance, mais il sonne faux. Et n'osant pas m'approcher pour récupérer ma valise et m'enfuir, je me contente de regarder le bagage, espérant en silence qu'il ne profiterait pas d'avoir récupéré mes affaires pour m'obliger à rester avec lui si je ne le désirais pas. Je... Je dois m'en aller...

- C'est très gentil à vous de me proposer votre aide, et même, d'ailleurs, d'être venu à mon secours, mais... J'aimerais autant récupérer ma valise et m'en aller, je dois trouver où la déposer avant d'aller travailler... Je... Je suis désolée...

Certes, je ne le suis guère. Mais je n'ai pas non plus envie de lui faire de la peine. Et puis, c'est vrai, je dois vraiment trouver où déposer mes affaires avant d'aller à la bibliothèque. Même si, en soit, cela ne urge guère... La bibliothèque n'ouvrirait pas avant trois bonne heures.

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MessageSujet: Re: Tout perdre, une fois de plus... Tout ? Peut-être pas, finalement... [PV Stefan] Dim 12 Fév - 23:05



TOUT PERDRE, UNE FOIS DE PLUS... TOUT ?❞
A la rencontre d'une étoile
Avec Vasilissa.



Toujours un peu surpris de la trouver ici, maintenant quand je pensais l'avoir vue pour la dernière fois, je ne peux que prendre les moments qui me sont accordés. Elle détourne le regard, je fais de même, emportant le souvenir de ses rétines, toute tension ayant déserté mon corps. Plus dan la maîtrise que je ne l'étais auparavant, je tâche de m'isoler de la foule qui commence de nouveau à m'atteindre. Je fais le vide, comme rasséréné par la présence de Vasilissa. Mes barrières internes en place, je me rends compte que nous sommes regardés. Je suppose que la petite scène qui a eu lieu plus tôt l'a mise au centre de l'attention... Je déteste l'homme qui l'a mise dans cette situation, cette femme que la foule dérange et qui a déjà été mise en difficulté par cette dernière, il y a de cela une semaine.
Je me rend compte que je ne l'ai même pas saluée, mais j'ai le sentiment qu'il n'est plus l'heure, le moment est passé. Je ne sais pas si elle m'en tiendra rigueur, je lui lance un regard, interrogatif, avant de faire un léger pas en avant, tâchant de la soustraire aux regards inquisiteurs des passants avec ma carrure. Protecteur sans en avoir l'air, je tâche de masquer mon action et intention, de peur de la gênée d'avantage.

- Oh ! J-je... Hum, non, ne vous en faites pas, j'avais été prévenue... Et de toute façon, j'ai l'habitude. Je trouverais bien un autre endroit où loger. C'est très gentil à vous de me proposer votre aide, et même, d'ailleurs, d'être venu à mon secours, mais... J'aimerais autant récupérer ma valise et m'en aller, je dois trouver où la déposer avant d'aller travailler... Je... Je suis désolée...

J'hoche lentement la tête, souhaitant presque de pas répondre mais les mots sortent quand même.

- Je n'entendais pas cela. A mon sens, vous ne devriez pas y retourner, quand bien même cet homme serait en train de vous supplier de la faire. Personne ne devrait jamais être expulsé de la sorte.. Je... Je comprendrais si vous n'étiez pas intéressée mais je viens d'acquérir un bien - rien d'incroyable - mais une des chambres est vide et, puisque vous, hum, n'avez pas d'endroit où rester...

Je garde la tête légèrement baissée. J'ai conscience de m'être emporté, que ma proposition, bien que désintéressée, a peu de chances d'être acceptée. Nous ne nous connaissons qu'à peine - et c'est là un bien grand mot -, alors, loger chez moi ? Elle a d'ailleurs l'air assez pressée de s'en aller - et l'est aussi -, je lui ai peut-être fait peur... Cette idée n'est pas pour me plaire et je lui tends son bagage.

- Je suis conscient de m'être imposé et.. je suis désolé. J'ai pensé que vous aviez besoin d'aide alors que ce n'était peut-être pas le cas. Sachez juste que vous êtes la bienvenue chez moi, je.. Je ne vais pas d'avantage abuser de votre temps, et.. Passez une bonne journée.


Je ponctue le tout d'un signe de la tête et lui abandonne doucement le bagage entre les mains, mon propre sac dans la mienne. J'entame ensuite quelques pas, ne sachant finalement pas si je la reverrais jamais. Et si les choses avaient étés différentes ? Si je l'avais été ? J'imagine un monde où quand on rencontre une femme au sortir d'un train, on peut ne jamais la quitter mais le tout est plus qu'hypothétique, bien trop éloigné de la réalité pour que le rêve ne dure.
Elle est une fois de plus pressée, mais j'aurais, là, le plaisir de ne pas être être congédié. Je me demande si ma sympathie n'est pas à sens unique puis hausse les épaules. Soit, c'est ainsi.
Peut-être dans un autre monde, autrement... Si les choses avaient pu être autres, s'il était possible de faire machine arrière, de tout effacer tout recommencer...

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MessageSujet: Re: Tout perdre, une fois de plus... Tout ? Peut-être pas, finalement... [PV Stefan] Lun 13 Fév - 18:05
Tout perdre, une fois de plus...



Un pas en avant. Mes muscles se tendent. Pourquoi s'approcher de la sorte ? Les regards des passants me pèsent. Mon esprit ne peut pas s'arrêter sur un détail, il s'agite, bouillonne en tous sens. Monsieur Salvatore qui s'approche, sa carrure qui me masque le monde, les regards que je sens encore, qui effleurent encore ma peau, caresse dérobée et désagréable. Je gronde intérieurement. Cette situation est déplaisante. Mais le lent hochement de tête de l'homme qui me fait face me force à lui prêter attention. Sans sembler s'en rendre compte, il prend la parole :

- Je n'entendais pas cela. A mon sens, vous ne devriez pas y retourner, quand bien même cet homme serait en train de vous supplier de le faire. Personne ne devrait jamais être expulsé de la sorte.. Je... Je comprendrais si vous n'étiez pas intéressée mais je viens d'acquérir un bien - rien d'incroyable - mais une des chambres est vide et, puisque vous, hum, n'avez pas d'endroit où rester...

Mon coeur se dérobe dans ma poitrine. Mon souffle se perd. Sa tête légèrement baissée. Son expression étrange. Presque... coupable ? Peut-être quelque chose s'en approchant. Mais de quoi a-t-il honte ? De quoi a-t-il peur ? ...Et moi ? ...De quoi ai-je peur ? ...

- Je suis conscient de m'être imposé et.. je suis désolé. J'ai pensé que vous aviez besoin d'aide alors que ce n'était peut-être pas le cas. Sachez juste que vous êtes la bienvenue chez moi, je.. Je ne vais pas d'avantage abuser de votre temps, et.. Passez une bonne journée.

Il me salue d'un signe de tête, m'abandonne la valise entre les mains. Sonnée, je le regarde s'éloigner. Sonnée, je le poursuis, le rattrape. M'expose dans la rue, m’éloigne des rebords protecteurs des murs. Je le retiens :

- Attendez !

Pur réflexe, pure idiotie, je le retiens. Ma main se loge au creux de son bras, attirant son attention plus que l'empêchant d'avancer, même si c'est mon but premier. Je croise son regard. Un frisson me parcourt de la tête au pied. Mon souffle se coupe. Comme si une vision menaçait de me traverser. Mais seuls ses yeux subsistent. Il n'y a plus rien que ces deux prunelles vertes qui me regardent. Je perds mes moyens, déclare d'une voix quelque peu confuse :

- Ne partez donc pas ainsi, Monsieur. Votre proposition me va droit au coeur, mais puisque vous semblez si pressé d'en fuir la réponse, je ne vous en encombrerai pas. Je tiens cependant à vous remercier, votre générosité me réchauffe le coeur dans un temps où j'ai manqué de croire à son inexistence. Pas chez vous, je veux dire, chez l'homme en général... Enfin, je m'égare. Je... Je vous remercie, Monsieur.

Je croise son regard, sincère, marque une pause, me mords la lèvre, détourne les yeux, cherche mes mots. C'est incroyable comme, quelque part, il me met mal à l'aise. J'ai l'impression de devenir dyslexique en sa compagnie. Incapable de trouver mes mots.

- Je ne vais guère vous retenir plus longtemps. Je vous souhaite une agréable journée, Monsieur Salvatore.

Je le gratifie d'une esquisse de révérence, inclinant la tête avec un petit sourire, puis croise à nouveau ses beaux yeux verts. Arriverais-je à m'en détacher un jour ?

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MessageSujet: Re: Tout perdre, une fois de plus... Tout ? Peut-être pas, finalement... [PV Stefan] Mer 15 Fév - 0:19



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Je regrette les instants que je ne lui ai pas volé et laisse mon regard parcourir une foule que je ne vois pas. Il n'y a qu'une personne dans ma tête, les gens qui passent ne sont pas elle. Je refuse de me retourner, ne pouvant pas me résoudre à lui montrer combien je suis troublé par ses réactions. Mais j'en suis bientôt forcé. Rien d'autre n'aurait pu arrêter mes pas comme le son de sa voix.

- Attendez !

Sa main se loge au creux de mon bras et me retient. Doucement je me retourne, surpris. Nos regards se croisent mon trouble grandit. Je réalise que nous sommes encore plus regardés, désormais. Elle n'aime pas la foule, l'affronte. Pour moi ?

-  Ne partez donc pas ainsi, Monsieur. Votre proposition me va droit au coeur, mais puisque vous semblez si pressé d'en fuir la réponse, je ne vous en encombrerai pas. Je tiens cependant à vous remercier, votre générosité me réchauffe le coeur dans un temps où j'ai manqué de croire à son inexistence. Pas chez vous, je veux dire, chez l'homme en général... Enfin, je m'égare. Je... Je vous remercie, Monsieur.

J'hausse un sourcil. Aurait-elle mal interprété mes actes ? Je suppose que c'est le cas. Mais... Est-ce un oui ? Un non ? Je ne saurais en être sûr pourtant c'est vers l'affirmative que mon coeur tend. Je la surprend à se reprendre et à se perdre et il me semble que c'est bien la première fois. Je mets tendrement de côté ces légers balbutiements et les lient à la situation, qui ne peut définitivement pas être très plaisante pour elle, ni même rassurante.
Je me rappelle que je ne la connais presque pas, hausse les épaules. Ce n'est pas l'impression que j'ai, même... même s'il est vrai que je ne sais pas grand chose d'elle. Je suis curieux, pas comme je le suis habituellement. C'est plus une sorte de sentiment diffus et étrange qui, loin de se montrer assoiffé, se fait fluctuant et léger, prenant son temps, ayant plaisir à découvrir un peu plus à chaque fois.

- Je ne vais guère vous retenir plus longtemps. Je vous souhaite une agréable journée, Monsieur Salvatore.


Nos regards se lâchent peu, je lui offre un sourire, répondant d'un signe de tête à son geste. Mais je ne la laisse pas filer - non, pas cette fois, pas comme ça. Je prend délicatement sa main, la baise et, sans la lui rendre, trouve son regard.

- Madame... Je crois que nous ne sommes pas compris. Je vais devoir abuser de votre temps et je m'en excuse, mais il me semble que nous avons une valise à déposer.

Je lui sourie, me traite de fou, car c'est bien ce que je suis en ce moment, un fou qui ose et qui est bien trop heureux. Je lui vole un instant de plus, me fait finalement plus sérieux.

- J'insiste : acceptez, s'il vous plait, mon hospitalité, je refuse de vous laisser partir de la sorte. Si le temps vous manque dîtes-moi où et quand venir vous chercher, je le ferais... Laissez-moi vous aider. Si nous avons le temps, alors laissez-moi vous montrer mon humble pied-à-terre. J'aimerais avoir d'avantage à vous présenter mais qui sait, ce bien qui a retenu mon attention vous plaira peut-être ?

Je ne lâche toujours pas sa main, attendez une réponse pour, peut-être, lui présenter mon bras.


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MessageSujet: Re: Tout perdre, une fois de plus... Tout ? Peut-être pas, finalement... [PV Stefan] Mer 15 Fév - 16:16
Tout perdre, une fois de plus...



Dans un premier temps, Monsieur Salvatore hausse les épaules. Est-ce de la frustration que je ressens alors ? Je ne puis répondre. Mais son geste me déçoit, quelque part. Par chance, lorsque je reprends la parole, il m'offre un sourire et un signe de tête pour répondre à mon geste. Malgré tout, il ne me laisse pas me détourner. Il attrape ma main, mes muscles se tendent, mon coeur chavire. Est-ce de peur ? Je ne le sais point. Ses lèvres rencontrent ma peau. Je lui offre un petit sourire gêné, réflexe sans doute, les joues colorées d'un délicat teint rosé. Mais en aucun cas je ne la lui reprends.

- Madame... Je crois que nous ne sommes pas compris. Je vais devoir abuser de votre temps et je m'en excuse, mais il me semble que nous avons une valise à déposer.

Il me sourit ; ne me lâche pas.

- J'insiste : acceptez, s'il vous plait, mon hospitalité, je refuse de vous laisser partir de la sorte. Si le temps vous manque dîtes-moi où et quand venir vous chercher, je le ferais... Laissez-moi vous aider. Si nous avons le temps, alors laissez-moi vous montrer mon humble pied-à-terre. J'aimerais avoir d'avantage à vous présenter mais qui sait, ce bien qui a retenu mon attention vous plaira peut-être ?

Gênée, je fuis son regard, balaie la rue d'un coup d'oeil. Pourquoi est-ce si important pour lui que j'accepte son invitation ? Qu'a-t-il à y gagner ? Je ne vois rien qui soit en son intérêt. J'ai beau chercher, je retombe à la même évidence : il est simplement serviable. Ou alors... Un frisson me parcourt la nuque. Je refuse de penser à cela. De toute manière... Que peut-il contre moi ? Je me mords la lèvre. Il ne peut rien. Il est comme tous les autres : impuissant. Et si... Si je... Un goût de sang emplit ma bouche. Si par mégarde je le tuais ? J'ai mordu trop fort. Je libère ma lèvre meurtrie, l'air de rien, et baisse légèrement les yeux, toujours l'air aussi mal à l'aise. Il n'aura décidément rien à gagner en m'offrant son aide. Mais je me méfie ; c'est dans ma nature.

- Vous êtes fort aimable, Monsieur Salvatore. Et je crois... Je crois que je conçois à accepter votre offre. Cependant, si ma présence venait à vous gêner, promettez-moi de me le faire savoir aussitôt, et je m'en irai sans délais.

Je le regarde dans les yeux, faisant valoir tout mon sérieux dans ce simple contact visuel, attendant cette promesse silencieuse que me répondrait son regard plus que ses paroles. Je continue quelques secondes plus tard :

- Et si votre bien se situe suffisamment proche, je consens à vous y accompagner dès maintenant ; je dois me rendre à la bibliothèque dans un peu plus de deux heures, seulement.

Et il n'a toujours pas lâché ma main.

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